CV sentimental…des sensations pures

CV sentimental...des sensations pures

Formation sentimentale

Primaire

  • Amoureuse de Mac Gyver et de Nicky Larson. Un peu honte quand même.
  • Je fais baiser mes Kens et Barbies ensemble. Qui a dit que les enfants ne faisaient pas de sexualité ?
  • Amour platonique et indéfectible pour Moran qui était le premier de la classe et surtout un gros lâche blond et pissou.
  • Un jour au camping, une gamine de 12 ans nous raconte, à moi et tout un groupe de chiards, sa relation pseudo-incestueuse avec son cousin. Je trouve ça dégueulasse car il est question d’un baiser après une cuillérée de yaourt. C’était l’époque des pubs « Des produits laitiers : des sensations pures ». Beuuuurk.

Collège

  • Délire bovaryen sur ce sale petit blondinet de Moran. Qu’est-ce qu’il est devenu laid par la suite, OMG.
  • Vagues sentiments pour Guillaume qui me dit clairement qu’il m’aime. Guillaume est un autre blondinet. Problème : Guillaume a une hygiène douteuse, il sent mauvais.
  • Amour platonique pour un des chanteurs du groupe Alliage… O_o  O_o
  • George Michael dans mes écouteurs en permanence. What a careless whisper baby !!!
  • Je ne suis plus amoureuse de Moran mais lui me révèle ses sentiments. Trop taaaaarddd hihihihihi !!! 

Le lycée

  • Découverte de ma capacité de séduction : début des décolletés en V achetés chez Jenyfer…
  • Sentiments amoureux volatils pour Matthieu, petit comme moi, mignon comme moi. Mais Matthieu fréquente des gros cons. Je laisse tomber.
  • Avec d’autres copines, nous fréquentons une dinde, oui oui une DINDE qui nous raconte ses fantasmes sur des hommes plus âgés. Et je tombe alors sous le charme d’un prof…Le prof nous jette des regards insistants, à moi et mes copines. Je suis aux anges. 
  • Je m’épile les jambes à la crème dépilatoire aïe ça pique et le prof regarde sans cesse mes jambes en cours. Je suis aux anges.
  • Colin, de ma classe, s’intéresse à moi. Je fantasme sur une relation avec lui et quand il me fait des avances, je l’ignore. O_o
  • Fin du lycée : j’essaie de me rapprocher de Colin, mais il est devenu froid avec moi. Comment se fesse o_O ?

Compétences acquises :

  • Boycotter TF1.
  • Fuir les garçons qui adorent les produits laitiers.
  • Ne plus jamais regarder un homme plus âgé. 

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La fête permanente

Je ne sais pas si la fête permanente est un leurre ou au contraire une très bonne thérapie.

Ça n’enlève rien à mes désespérantes pensées et à mon pessimisme à toute épreuve, mais ça me divertit, ça me défoule…

L’ambiance est généralement extraordinaire pour tous ceux qui viennent s’amuser, comme moi. Ça devient un peu glauque quand les dragueurs s’avancent, pathétique quand vos collègues de bureau viennent vous chauffer…

Mais c’est toujours drôle, léger…

J’ai flirté avec un espagnol, un inconnu, pour voir. Pas mal, ce n’est pas désagréable.

Depuis l’espagnol m’envoie des messages, veut qu’on se rejoigne en boîte etc. Pourquoi pas ? De toute façon, il ne m’attire pas assez pour me troubler. Je ne risque pas d’être déçue. C’est juste drôle et superficiel (et un peu nul aussi, mais ça occupe).

Hier soir encore, j’ai ignoré le brésilien, … totalement. Je ne lui ai même pas dit bonjour. Au fond, ça m’ennuyait, mais c’est tellement plus facile. Surtout qu’ils sont tous tellement en recherche et à s’épier les uns les autres mes collègues qu’il y en aurait bien un pour me charrier, à propos du brésilien.

Il nous a vite quitté d’ailleurs, cette fois. Pas de bonnasse à qui sucer les amygdales hein ? Pauvre chou…

Les beaux, ceux qui ont un physique avantageux et qui en profitent. C’est une exigence terrible, pour soi-même de ne rechercher que les beaux. Parce que presque tous les Beaux sont des fucking assholes. Leur kiki est mieux irrigué que leur cerveau !

Il va falloir que je trouve d’autres activités. On a vite fait le tour de la fête permanente…puis les cernes et la gueule de bois du lendemain, ça commence à bien faire !

One More Saturday Night Fever

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Là où je vis maintenant je fais beaucoup la fête alors forcément, je suis confrontée à la drague superficielle qui sévit dans les soirées.

Je regrette toujours autant de ne pas savoir aussi bien danser que certaines. Tous ceux qui ont essayé un jour de danser collé-serré avec moi ont été déçus. Je ne suis jamais assez à l’aise pour ça, même à 3 grammes et demi du matin et… pas assez souple (?), ni dans ma tête ni dans mon corps.

J’adore faire la fête, j’adore danser mais surtout avec mes amis. Rien de tel pour moi qu’une bonne nuit en boîte avec tout un groupe d’amis. On peut danser comme des fous, rire, boire. Mais dès que les dragueurs commencent à rôder autour de nous, je me sens déstabilisée, mal à l’aise. Il y a même un temps où ça me rendait furax. Et je le montrais… 

En général, mes amies féminines, elles, réagissent bien à la drague (sauf si ce sont des boulets, et encore). Oui, ça fait toujours plaisir de se faire draguer… je sais mais…

Moi ça me fait peur. Ça va cinq minutes. Rien de plus nul pour moi que de finir le reste de la nuit à discuter et à s’embrasser sur la banquette, avec un dragueur qui n’espère qu’une chose… c’est finir par vous tringler.

L’ennui, c’est que les gens que je fréquente depuis quelques temps sont tous en recherche. En recherche de quelqu’un. J’ai ignoré le beau brésilien tout le temps. C’est un rouleur-de-patin-multi-directions. Comme tout le monde était occupé à dragouiller, j‘ai donc fait causette  avec un type qui ne me plaisait pas, juste pour me donner une contenance en attendant la fin de la soirée. Je trouvais ça chiant. Il a d’ailleurs cru que j’étais anglaise, ah ah ah. Ah l’alcool…

Il y a quelques années, j’ai parfois su m’amuser de ces rencontres superficielles, dialoguer juste par curiosité avec les dragueurs et je me barrais quand je sentais qu’ils commençaient à devenir un peu chauds. J’aimerais retrouver cet état d’esprit où tout ça n’a aucune importance au fond, les dragueurs aussi doivent redevenir une distraction, un amusement…sans enjeu…sans rien…

Romantisme et coucheries

Je parle facilement de mon espoir de trouver l’amour ! Et face à cela, on m’a souvent dit :

« Tu es romantique « . Et ça m’énerve !

Si je prends la définition du mot « Romantisme », je trouve une définition …péjorative :

– Qui relève de la sentimentalité pure, d’une sensibilité exacerbée, qui offre les séductions de l’imaginaire, à l’opposé de la réalité prosaïque.

Si je prends la définition du mot « Romantique », cela donne :

– Qui manque de réalisme, qui fait prédominer le sentiment, l’idéal sur les considérations pratiques.

De nouveau, c’est péjoratif. Les définitions ci-dessus pour moi, sont plutôt celles qui correspondraient au mot Nunuche. De toute façon, je ne me considère pas comme une personne spécialement romantique. J’attends l’amour oui. Sans idée préconçue même s’il se doit d’être attentionné, tendre et gentil. Mais ça, c’est une attitude normale quand on est amoureux, on est tout cela au départ.

Alors quoi ? Pourquoi me dit-on que je suis « romantique » ? Parce que les flirts en soirée ne me disent trop rien ? Ces chauds lapins suants et imbibés, en boîte, ça me donne pas envie. Les coups d’un soir, c’est vite déprimant, nan ? Attirance éclair, coucherie éclair, et hop, suivant.e ! Même pas le temps de se connaître un peu ! Quelle tristesse !

Moi je veux juste trouver un mec sincère et intelligent. Où est le manque de réalisme dans cela ?!

Sans compter que j’ai rencontré plein d’hommes romantiques ridicules ou qui utilisaient le romantisme juste pour coucher. Comme un leurre. A quoi cela sert-il ?

A quoi sert le petit dîner aux chandelles, les mots doux et tout le tintouin si l’intention est juste de coucher ? Pourquoi se donner autant de mal lorsqu’on sait qu’on ne veut qu’une nuit avec une personne ?

Ça sonne tellement faux !

En revanche, je suis déjà tombée sur un Vrai romantique, qui m’a offert des fleurs, qui m’a fait une déclaration d’amour en ces termes.

– Je t’aime et je ne peux pas attendre plus longtemps pour te le dire…tu es si forte et si fragile à la fois…alors, oui, je sais, je suis maladroit, je ne mérite pas ton amour mais je t’en supplie…

Là, c’était carrément insupportable. Je ne me suis pas foutue de lui bien que pour un peu, j’aurais pu lui répondre : « Oh preux chevalier, relève toi, ne reste pas dans cette position humiliante…». On se la serait jouée moyenâgeuse…

Mais je ne me moque pas de lui. Non non non, pas du tout. Il trouvera peut-être quelqu’un qui aime ça…hum.

Je suis une sensible. J’ai besoin de temps, de me sentir en sécurité. Je ne comprends pas comment on peut trouver ça fun l’accumulation de coups d’un soir. Je trouve ça glauque, super froid. Coucher avec quelqu’un c’est quand même très intime.

Où est le plaisir à sauter sur tout ce qui bouge ?

No sex in the city

Copie de l’article dont la source est perdue :

Dégoût de l’exhibitionnisme et de la pornographie, absence de désir…Comme le souligne Jean-Philippe de Tonnac, dans La Révolution asexuelle, l’abstinence est un phénomène en hausse chez les trentenaires.

Ils ont entre 25 et 35 ans et n’ont aucune vie sexuelle. Répertoriée depuis quatre ou cinq ans aux Etats-Unis, taxée de mouvement « non libidoïste » aux Pays-Bas, l’asexualité commence à faire parler d’elle en France.

« Nous sommes loin des années 90, où, entre les élucubrations d’une Catherine Millet et les performances de Rocco Sifredi, on professait la frénésie tous azimuts », affirme le journaliste Jean-Philippe de Tonnac, auteur de La Révolution asexuelle. Un sondage Ipsos, paru en juin 2004, annonçait déjà la tendance. 25 % des femmes interrogées et 15 % des hommes déclaraient vivre dans la disette sexuelle. Plus étonnant : sur cette population d’asexuels, 26 % des sondés indiquaient que ne pas faire l’amour pendant plusieurs mois leur était indifférent…

« L’asexualité est une réaction défensive face au terrorisme du tout-sexuel », explique Jean-Philippe de Tonnac.

Comme le souligne un pasteur interviewé dans son livre : « Le sexe n’est plus tabou, il est devenu totem. Il est passé du secret à l’exhibition. ».

De fait, des millions d’images pornographiques circulent chaque jour sur Internet et un adolescent sur trois en aurait déjà vu. Face à cette surexposition érotique et la quasi-disparition des interdits, quid du désir ?

« Le désir a toujours à voir avec une certaine impossibilité du désir, philosophe Jean-Philippe de Tonnac. Or, cette débauche d’images offertes ne fait que l’éteindre. ».

Autre effet pervers : la fameuse « tyrannie du plaisir » (selon le titre d’un livre de Jean-Claude Guillebaud), qui a transformé « le libre accès au plaisir […] en injonction au plaisir ». D’où les inhibitions, voire cette « réaction intégriste antisexe », souligne Jean-Philippe de Tonnac.

Porte-parole de cette frange « hard » des asexuels : David Jay, jeune Américain de 24 ans. Sur son site Aven, la A-Pride Attitude (attitude de la fierté asexuelle) suscite des milliers de commentaires. Son slogan ?

« L’asexualité ne concerne pas que les amibes. » « David Jay professe une absence totale de désir, donc une chasteté volontaire et non subie », explique le journaliste. Fait nouveau : les hommes revendiquent désormais le « droit à la migraine » et, plus encore, à l’abstinence. Ils commencent même à s’épancher sur le divan des psys.

Réaction de panique

Le psychiatre et psychanalyste J.-D. Nasio s’étonne, depuis peu, de voir arriver de jeunes patients encore vierges à 30 ou 33 ans : « En quarante ans de pratique, je n’ai jamais vu ça. Ces hommes sont beaux, intelligents, bien insérés socialement… Mais la seule perspective de faire l’amour avec une femme déclenche chez eux une réaction de panique. »

Première cause de leur angoisse : la crainte d’être raillés pour leur physique (peur exclusivement féminine il y a peu), sans doute héritée de l’obsession féminine de l’apparence. « Aux yeux des hommes, les femmes sont devenues trop exigeantes et agressives sur le plan sexuel », analyse la psychanalyste Hélène Vecchiali dans Ainsi soient-ils (Calmann-Lévy). Or l’homme – de loin le plus fragile sexuellement, tout du moins au début d’une relation amoureuse – a besoin de se sentir en confiance, accueilli. Deuxième motif d’anxiété, l’obligation de réussite, ce culte de la performance qui transcende tous les aspects de la vie en société.

Sur le plan sexuel, cette exigence d’excellence est alimentée par les films pornographiques : « Les relations conjugales sont tellement éphémères que le premier rapport sexuel est devenu une sorte d’ épreuve du feu », analyse Philippe de Tonnac. Avant, on se donnait le temps de se connaître, de s’apprécier. Aujourd’hui, on passe tout de suite à l’acte. ».

Résultat ? Une grosse pression au creux du lit, qui peut conduire les hommes à la déconfiture, puis à la fuite à répétition… C’est particulièrement vrai chez les jeunes.

« Logique, analyse J.-D. Nasio. Ils sont les enfants de la génération 68, celle, précisément, qui a proclamé l’ultra-liberté sexuelle. Pour la plupart élevés par un père absent, ils ont, a contrario, vécu avec une mère toute-puissante. » Œdipe, es-tu là ? Apparemment oui. Hélène Vecchiali confirme : « Inconsciemment, cette femme exigeante et toute-puissante qu’ils redoutent aujourd’hui leur rappelle la première femme de leur vie, leur mère, qui elle aussi leur demandait des comptes. » D’où le malaise. Et les stratégies d’évitement.

Symptomatique d’un profond malaise

Certains s’investissent à corps perdu dans le travail, d’autres passent des heures sur Internet à chercher la perle rare… « Or, s’enflamme Jean-Philippe de Tonnac, les sites de rencontres sont un mensonge total. Sur le Net, il ne s’agit pas de rencontrer l’autre dans sa réalité, mais de construire un fantasme. »

J.-D. Nasio renchérit : « Sur Internet, l’autre est désincarné, imaginé, recréé de toutes pièces pour ressembler à ce que l’on veut voir… La partie se joue alors « de soi à soi ». Ces sites isolent de l’autre, au lieu de permettre la rencontre. » De là à imaginer l’avènement d’une société onaniste, il n’y a qu’un pas, que Jean-Philippe de Tonnac n’hésite pas à franchir : « La tendance aux « sex toys » n’est pas arrivée par hasard. L’objet est sorti de l’infamie… »

Les femmes seraient-elles donc, elles aussi, frappées par cette anorexie sexuelle ? Comme l’avoue une jeune trentenaire dans le livre de David Fontaine : « Le désir s’éteint de lui-même. Moins on fait l’amour, moins on a envie de le faire. Ce n’est pas si grave. »

Mais pas anodin non plus. Plutôt symptomatique d’un profond malaise. Pour le combattre, Jean-Philippe de Tonnac suggère de remonter le temps : pourquoi ne pas redécouvrir les rituels, le marivaudage, l’attention ?

« L’amour, c’est d’abord des joues qui s’empourprent, de la pudeur, du secret… Au Moyen-Age, on parlait de « fin amor », d’« amour courtois ». Aujourd’hui, on met la charrue avant les bœufs, c’est-à-dire l’objet du désir avant le désir lui-même. Ce qui revient, in fine, à signer la mort de la sexualité. »

Pas très réjouissant… « S’ils tiennent à la sexualité, hommes et femmes doivent y mettre du leur, encourage Hélène Vecchiali. L’asexualité d’aujourd’hui est le signe d’un défaut de la « différence » entre le masculin et le féminin. Elle pâtit de cette obsession du « tout-pareil ». Autrement dit, les femmes revendiquent l’égalité avec les hommes sur le plan professionnel et social, mais gare à ne pas courir après la similitude. Si hommes et femmes se noient dans cette illusion de similitude, la sexualité est en péril. »