Trentenaire célibataire et pression sociale

Je suis célibataire, et oui, cé-li-ba-tai-re ! J’aimerais dire que je n’ai même pas peur mais hélas, la pression sociale est souvent là 😦

Je regrette un peu l’année d’insouciance que j’ai vécu à mon arrivée dans le Sud-Est, à 28 ans. J’avais décidé de m’éclater, je m’étais trouvé un super groupe de potes dont des célibataires de 36-37 ans. Ma vie n’était que plaisir en dehors du travail : fêtes, théâtre, soirées jeux et je me répétais que je remerciais la vie pour tout ça et que l’amour serait la cerise sur le gâteau ! La cerise s’est pointée au bout de 6 mois et j’étais donc persuadée d’avoir trouvé la recette, l’antidote au maudit célibat : aime-toi, aime ta vie et la vie t’aimera. Je considère les choses de façon beaucoup plus sombre à présent depuis que j’ai perdu ce petit vivier épanouissant. Je réappliquerais sans doute ma recette quand j’aurais retrouvé un peu de sérénité mais pour l’instant, ce n’est pas trop ça.

Dans le Sud-Est de la France, après une année très riche de tous points de vue, j’ai déménagé et je ne me sentais plus très bien mais de nouveau, j’ai connu plein de célibataires. Des gens qui avaient entre 30 et 60 ans. J’en ai connu tellement que je ne ressentais aucune pression sociale. Personne ne s’étonnait que je sois célibataire et sans enfants. J’avais des copines de 36, 37 ans dans la même situation et leur vie était plutôt remplie et joyeuse, pleine de fêtes et de belles balades.

Ça me rassurait, ça me faisait plaisir de voir évoluer (pas toujours dans la joie bien sûr, ils avaient leurs moments de déprime aussi), ces célibataires sans trop d’inquiétudes car je me sentais beaucoup plus similaire à eux qu’aux trentenaires qui mettent en route un bébé. Et je les voyais même comme des modèles, moi jeune trentenaire incertaine.

Depuis que je suis rentrée en Bretagne, c’est plus désagréable. Dans ma nouvelle boîte, je suis entourée de gens qui ont aussi la trentaine et qui achètent | viennent d’acheter | cherchent une maison avec leur conjoint, viennent de faire un enfant | élèvent leurs jeunes enfants | songent à faire un enfant | désespèrent ne pas encore avoir d’enfants (rayez les mentions inutiles).

Dans ma famille, tous mes cousins sont en couple actuellement sauf moi. Les plus âgés ont tous des enfants et dans l’ordre des âges, logiquement, je devrais être la prochaine à me poser et à fonder une famille. Or je suis à 1000 lieues de cela. J’aimerais trouver un nouvel amoureux mais alors faire un bébé…je n’en ai aucune envie.

J’en aurais peut-être envie dans 2 ans, je n’en sais rien. Mais actuellement NON, les enfants des autres c’est mignon 5 minutes et je ne les envie absolument pas. Et je ne vois pas pourquoi je devrais me poser la question.

Je ne peux pas dire que les gens me mettent la pression mais il y a toujours un silence gêné, ici, en Bretagne, quand vos collègues ou vos cousins essaient de savoir sans en avoir l’air si vous êtes célibataire ou pas et que vous leur dites que oui, vous êtes seule. C’est désagréable. À ce stade, je crois que je préférais l’entourage que j’avais dans le Sud-Est.

Ce n’est pas une tare d’être seul.e à 30 ans et de ne pas avoir envie de faire des enfants. Mais quand 15 fois en 15 jours les gens se sont étonnés que vous soyez seul.e, bouhhh, vous avez envie de dire MERDE. C’est comme ceux qui s’étonnent que vous occupiez seule une petite maison en campagne. Ah oui, un.e célibataire devrait forcément vivre dans un petit appartement, en ville surtout parce qu’un.e célibataire, ça s’ennuie…putain les clichés ! Au secours !

 

One More Saturday Night Fever

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Là où je vis maintenant je fais beaucoup la fête alors forcément, je suis confrontée à la drague superficielle qui sévit dans les soirées.

Je regrette toujours autant de ne pas savoir aussi bien danser que certaines. Tous ceux qui ont essayé un jour de danser collé-serré avec moi ont été déçus. Je ne suis jamais assez à l’aise pour ça, même à 3 grammes et demi du matin et… pas assez souple (?), ni dans ma tête ni dans mon corps.

J’adore faire la fête, j’adore danser mais surtout avec mes amis. Rien de tel pour moi qu’une bonne nuit en boîte avec tout un groupe d’amis. On peut danser comme des fous, rire, boire. Mais dès que les dragueurs commencent à rôder autour de nous, je me sens déstabilisée, mal à l’aise. Il y a même un temps où ça me rendait furax. Et je le montrais… 

En général, mes amies féminines, elles, réagissent bien à la drague (sauf si ce sont des boulets, et encore). Oui, ça fait toujours plaisir de se faire draguer… je sais mais…

Moi ça me fait peur. Ça va cinq minutes. Rien de plus nul pour moi que de finir le reste de la nuit à discuter et à s’embrasser sur la banquette, avec un dragueur qui n’espère qu’une chose… c’est finir par vous tringler.

L’ennui, c’est que les gens que je fréquente depuis quelques temps sont tous en recherche. En recherche de quelqu’un. J’ai ignoré le beau brésilien tout le temps. C’est un rouleur-de-patin-multi-directions. Comme tout le monde était occupé à dragouiller, j‘ai donc fait causette  avec un type qui ne me plaisait pas, juste pour me donner une contenance en attendant la fin de la soirée. Je trouvais ça chiant. Il a d’ailleurs cru que j’étais anglaise, ah ah ah. Ah l’alcool…

Il y a quelques années, j’ai parfois su m’amuser de ces rencontres superficielles, dialoguer juste par curiosité avec les dragueurs et je me barrais quand je sentais qu’ils commençaient à devenir un peu chauds. J’aimerais retrouver cet état d’esprit où tout ça n’a aucune importance au fond, les dragueurs aussi doivent redevenir une distraction, un amusement…sans enjeu…sans rien…

No sex in the city

Copie de l’article dont la source est perdue :

Dégoût de l’exhibitionnisme et de la pornographie, absence de désir…Comme le souligne Jean-Philippe de Tonnac, dans La Révolution asexuelle, l’abstinence est un phénomène en hausse chez les trentenaires.

Ils ont entre 25 et 35 ans et n’ont aucune vie sexuelle. Répertoriée depuis quatre ou cinq ans aux Etats-Unis, taxée de mouvement « non libidoïste » aux Pays-Bas, l’asexualité commence à faire parler d’elle en France.

« Nous sommes loin des années 90, où, entre les élucubrations d’une Catherine Millet et les performances de Rocco Sifredi, on professait la frénésie tous azimuts », affirme le journaliste Jean-Philippe de Tonnac, auteur de La Révolution asexuelle. Un sondage Ipsos, paru en juin 2004, annonçait déjà la tendance. 25 % des femmes interrogées et 15 % des hommes déclaraient vivre dans la disette sexuelle. Plus étonnant : sur cette population d’asexuels, 26 % des sondés indiquaient que ne pas faire l’amour pendant plusieurs mois leur était indifférent…

« L’asexualité est une réaction défensive face au terrorisme du tout-sexuel », explique Jean-Philippe de Tonnac.

Comme le souligne un pasteur interviewé dans son livre : « Le sexe n’est plus tabou, il est devenu totem. Il est passé du secret à l’exhibition. ».

De fait, des millions d’images pornographiques circulent chaque jour sur Internet et un adolescent sur trois en aurait déjà vu. Face à cette surexposition érotique et la quasi-disparition des interdits, quid du désir ?

« Le désir a toujours à voir avec une certaine impossibilité du désir, philosophe Jean-Philippe de Tonnac. Or, cette débauche d’images offertes ne fait que l’éteindre. ».

Autre effet pervers : la fameuse « tyrannie du plaisir » (selon le titre d’un livre de Jean-Claude Guillebaud), qui a transformé « le libre accès au plaisir […] en injonction au plaisir ». D’où les inhibitions, voire cette « réaction intégriste antisexe », souligne Jean-Philippe de Tonnac.

Porte-parole de cette frange « hard » des asexuels : David Jay, jeune Américain de 24 ans. Sur son site Aven, la A-Pride Attitude (attitude de la fierté asexuelle) suscite des milliers de commentaires. Son slogan ?

« L’asexualité ne concerne pas que les amibes. » « David Jay professe une absence totale de désir, donc une chasteté volontaire et non subie », explique le journaliste. Fait nouveau : les hommes revendiquent désormais le « droit à la migraine » et, plus encore, à l’abstinence. Ils commencent même à s’épancher sur le divan des psys.

Réaction de panique

Le psychiatre et psychanalyste J.-D. Nasio s’étonne, depuis peu, de voir arriver de jeunes patients encore vierges à 30 ou 33 ans : « En quarante ans de pratique, je n’ai jamais vu ça. Ces hommes sont beaux, intelligents, bien insérés socialement… Mais la seule perspective de faire l’amour avec une femme déclenche chez eux une réaction de panique. »

Première cause de leur angoisse : la crainte d’être raillés pour leur physique (peur exclusivement féminine il y a peu), sans doute héritée de l’obsession féminine de l’apparence. « Aux yeux des hommes, les femmes sont devenues trop exigeantes et agressives sur le plan sexuel », analyse la psychanalyste Hélène Vecchiali dans Ainsi soient-ils (Calmann-Lévy). Or l’homme – de loin le plus fragile sexuellement, tout du moins au début d’une relation amoureuse – a besoin de se sentir en confiance, accueilli. Deuxième motif d’anxiété, l’obligation de réussite, ce culte de la performance qui transcende tous les aspects de la vie en société.

Sur le plan sexuel, cette exigence d’excellence est alimentée par les films pornographiques : « Les relations conjugales sont tellement éphémères que le premier rapport sexuel est devenu une sorte d’ épreuve du feu », analyse Philippe de Tonnac. Avant, on se donnait le temps de se connaître, de s’apprécier. Aujourd’hui, on passe tout de suite à l’acte. ».

Résultat ? Une grosse pression au creux du lit, qui peut conduire les hommes à la déconfiture, puis à la fuite à répétition… C’est particulièrement vrai chez les jeunes.

« Logique, analyse J.-D. Nasio. Ils sont les enfants de la génération 68, celle, précisément, qui a proclamé l’ultra-liberté sexuelle. Pour la plupart élevés par un père absent, ils ont, a contrario, vécu avec une mère toute-puissante. » Œdipe, es-tu là ? Apparemment oui. Hélène Vecchiali confirme : « Inconsciemment, cette femme exigeante et toute-puissante qu’ils redoutent aujourd’hui leur rappelle la première femme de leur vie, leur mère, qui elle aussi leur demandait des comptes. » D’où le malaise. Et les stratégies d’évitement.

Symptomatique d’un profond malaise

Certains s’investissent à corps perdu dans le travail, d’autres passent des heures sur Internet à chercher la perle rare… « Or, s’enflamme Jean-Philippe de Tonnac, les sites de rencontres sont un mensonge total. Sur le Net, il ne s’agit pas de rencontrer l’autre dans sa réalité, mais de construire un fantasme. »

J.-D. Nasio renchérit : « Sur Internet, l’autre est désincarné, imaginé, recréé de toutes pièces pour ressembler à ce que l’on veut voir… La partie se joue alors « de soi à soi ». Ces sites isolent de l’autre, au lieu de permettre la rencontre. » De là à imaginer l’avènement d’une société onaniste, il n’y a qu’un pas, que Jean-Philippe de Tonnac n’hésite pas à franchir : « La tendance aux « sex toys » n’est pas arrivée par hasard. L’objet est sorti de l’infamie… »

Les femmes seraient-elles donc, elles aussi, frappées par cette anorexie sexuelle ? Comme l’avoue une jeune trentenaire dans le livre de David Fontaine : « Le désir s’éteint de lui-même. Moins on fait l’amour, moins on a envie de le faire. Ce n’est pas si grave. »

Mais pas anodin non plus. Plutôt symptomatique d’un profond malaise. Pour le combattre, Jean-Philippe de Tonnac suggère de remonter le temps : pourquoi ne pas redécouvrir les rituels, le marivaudage, l’attention ?

« L’amour, c’est d’abord des joues qui s’empourprent, de la pudeur, du secret… Au Moyen-Age, on parlait de « fin amor », d’« amour courtois ». Aujourd’hui, on met la charrue avant les bœufs, c’est-à-dire l’objet du désir avant le désir lui-même. Ce qui revient, in fine, à signer la mort de la sexualité. »

Pas très réjouissant… « S’ils tiennent à la sexualité, hommes et femmes doivent y mettre du leur, encourage Hélène Vecchiali. L’asexualité d’aujourd’hui est le signe d’un défaut de la « différence » entre le masculin et le féminin. Elle pâtit de cette obsession du « tout-pareil ». Autrement dit, les femmes revendiquent l’égalité avec les hommes sur le plan professionnel et social, mais gare à ne pas courir après la similitude. Si hommes et femmes se noient dans cette illusion de similitude, la sexualité est en péril. »

Ultra-moderne solitude

J’ai peur de la solitude éternelle, peur de ne jamais trouver chaussure à mon pied….

Vous vous imaginez vous, dans 5 ans, dans 20 ans, à affronter seul(e) les aléas de la vie, les journées de 48h, les vacances, les catastrophes naturelles, dont on nous parle de plus en plus, à assister en solo; à des spectacles, des concerts, des expos…

À vous rendre au cinéma tout seul(e), aux attractions de Lunapark, seul(e) au restaurant, seul(e) chez des amis, seul(e) chez vos parents, à diverses occasions…

À ne soigner votre apparence que pour vous, à ne partager vos lectures, opinions politiques, réflexions personnelles qu’avec vous-même…

Autant se tirer une balle dans la tête tout de suite…