Les blagues sexistes incitent à la violence

J’ai connu à mon travail un petit coq arrogant qui faisait des blagues sur les femmes. Un jour, il m’a dit, alors que je rejoignais mes collègues masculins en pause : « Tu veux un peu de GHB ? ». Et un collègue a renchérit: « Elle en prendrait bien du GHB ».

Il me semblait bien que c’était la drogue du viol mais je n’étais pas 100% sûre. Du coup, pour ne pas lui faire le plaisir de m’énerver au petit salaud, je lui ai répondu : « Je vais vous laisser entre mecs. »

Voilà une blague stupide et fréquente dans un milieu quasi-exclusivement masculin. Et tout le problème est que nous n’ayons pas, nous les femmes, tout un arsenal de réponses cinglantes et humiliantes à opposer aux machos. Quelle tristesse que de devoir travailler avec des types qui cherchent en permanence à savoir qui a la plus grosse, à avoir raison, à parler plus fort que les autres, à agresser verbalement.

Il avait au travail un comportement assez insolent, mais tu comprends, c’était un mec, le petit mec nerveux et mignon que tout le monde aime au fond. Il y avait donc toujours quelqu’un pour le défendre.

C’était d’autant plus rageant que je me suis souvent vue rabaissée ou ignorée…parce que j’avais en face de moi des hommes (pas tous, attention), sûrs de leurs bons droits et de leurs connaissances, qui s’imposaient, toujours. Les femmes les mieux considérées dans cet environnement…particulier…étaient, sans surprise, des caricatures. Caricature de poupée barbie maquillée à la truelle, caricature de la grande gueule hystérique qui hurle et menace tout le monde ou caricature de la scientifique coincée, « vieille fille », rigide, que personne n’approche. Peut-être avaient-elles appris à se protéger comme elles pouvaient, qui sait. Pas de place pour des relations normales et respectueuses, en tout cas.

Remède ?

J’ai découvert par la suite le groupe Répondons ! sur Facebook. Il permettait notamment de témoigner de ce genre de situation et de trouver des répliques efficaces à opposer aux machos.

Le ton des modos était souvent un peu agressif, sans parler de la ribambelle de mots ou d’expression interdits d’utilisation. Par exemple une fois, j’ai commenté un post en disant « Il n’a vraiment pas de cerveau celui-là ». Il m’a été demandé de supprimer mon commentaire car je venais apparemment de faire du « capacitisme« . Ri-di-cu-le 🙂 Certains groupes féministes, sur Facebook, devraient repenser leur charte, parce qu’ils ne font pas de bien à la cause en se montrant aussi rigides…

Puis j’ai pris connaissance d’une étude…Les blagues sexistes incitent à la violence.

Le détail de l’étude

L’expérience a eu lieu à l’université de Grenade, Espagne. Des groupes tests d’hommes ont été constitués. On a soumis un groupe à des blagues sexistes. L’autre pas. On leur a ensuite passer des vidéos où des femmes étaient victimes de violences. Sans surprise, ceux qui avaient entendu les blagues sexistes se montraient plus tolérants devant ces scènes de violence…

Banalisation du mal sans doute…

 

Le fléau du viol…

J’ai la chance de ne jamais avoir été victime de ce crime.

Entendre dire que 1 femme sur 5 a été violée m’a toujours laissée perplexe. Vous vous imaginez en tant que femme, dans le bus, dans le wagon d’un train, dans une file d’attente, à regarder les autres femmes et à vous dire qu’elles ont été plusieurs à subir ce crime…

Personnellement, j’ai du mal à y croire, même si les statistiques sont sûrement proches de la réalité voire exactes…

Puis, bien que déjà intéressée par le féminisme et féministe légèrement pratiquante (on va dire ça comme ça), mon oreille s’est laissée charmer, il y a quelques mois par Good Girl de Robin Thicke… l’air est franchement sympa et entraînant, les paroles, elles :

« Fais-le comme si ça faisait mal », « Je sais que tu aimes ça »…

Puis j’ai visionné le clip « officiel » et le clip « censuré »…j’étais moyennement choquée… on est tellement habitués à voir des corps de femmes à demi-nues partout pour retenir l’attention…chauffer l’atmosphère. La féministe en moi trouve ça lassant, dangereux… la fille de la génération Y est juste Blasée…

Mais on en revient toujours au même point : dans les médias, le corps de la femme est instrumentalisé, c’est un objet de jouissance, elle est aguicheuse par nature, elle est toujours d’accord.

Les ripostes comme les parodies suivantes font du bien à voir. Puisque les féministes qui râlent, dénoncent, ne font, la plupart du temps qu’agacer l’opinion publique au même titre que les écolos. Misons sur l’information par le divertissement :

http://www.youtube.com/watch?v=tC1XtnLRLPM&w=425&h=350

 

Puisque nous avons peu de chances de réduire/de faire interdire l’instrumentalisation du corps de la femme, alors répliquons systématiquement avec une version masculine de ces mises en scène grotesques… comme ci-dessous (il faut se connecter à Youtube et confirmer qu’on est en âge de regarder) :

Mais tout ceci ne résout pas le problème du viol,qui ne touche pas (tant mieux dans un sens) que les femmes…

À la lecture de ce tumblr (recueil de témoignages de victimes de viol), excellente initiative, d’utilité publique (car…que fait la police ???), je suis restée coite, bouche bée, sidérée, choquée :

Je connais un violeur

La banalité des situations dans lesquelles des gens se font violer, … en couple, en famille, entre potes… c’est juste EFFARANT.

Là, j’ai commencé à repenser à des conversations que j’ai eu, adolescente, jeune adulte avec des potes, qui avaient vécu ce crime. Pour moi, ils restaient toujours « l’exception », la faute à pas de chance… Ou pire, j’avais de légers doutes sur ce qu’ils disaient. Puis j’en ai parlé récemment à des copines et là certaines m’ont dit : « ça m’est arrivé… ». Et là, de nouveau je suis restée sans voix.

C’est un authentique fléau qu’on pourrait pourtant contrer, très tôt à l’école, par l’information. Par des campagnes de prévention régulières, au moins aussi régulières que les campagnes d’information/prévention contre la violence conjugale (qui elle-même pourrait faire l’objet de plus de bruit, autant que la prévention routière).

Mais lorsqu’une de mes copines, publie une pétition (OK c’est une goutte d’eau mais ce n’est pas en restant les bras croisés que les choses bougent) sur facebook appelant les gens à réclamer une meilleur assistance aux victimes de la part des autorités (https://secure.avaaz.org/fr/petition/Aidez_les_victimes_de_viol_a_porter_plainte/?fbdm), il n’y a que des gros cons ignares pour répondre ???

Et les autres ? Ben ils pensent que ça ne sert à rien… ils ont autre chose à faire… puis les femmes, c’est souvent leur faute quand même, hein…

 http://www.youtube.com/watch?v=8hC0Ng_ajpY&w=425&h=350