Le fléau du viol…

J’ai la chance de ne jamais avoir été victime de ce crime.

Entendre dire que 1 femme sur 5 a été violée m’a toujours laissée perplexe. Vous vous imaginez en tant que femme, dans le bus, dans le wagon d’un train, dans une file d’attente, à regarder les autres femmes et à vous dire qu’elles ont été plusieurs à subir ce crime…

Personnellement, j’ai du mal à y croire, même si les statistiques sont sûrement proches de la réalité voire exactes…

Puis, bien que déjà intéressée par le féminisme et féministe légèrement pratiquante (on va dire ça comme ça), mon oreille s’est laissée charmer, il y a quelques mois par Good Girl de Robin Thicke… l’air est franchement sympa et entraînant, les paroles, elles :

« Fais-le comme si ça faisait mal », « Je sais que tu aimes ça »…

Puis j’ai visionné le clip « officiel » et le clip « censuré »…j’étais moyennement choquée… on est tellement habitués à voir des corps de femmes à demi-nues partout pour retenir l’attention…chauffer l’atmosphère. La féministe en moi trouve ça lassant, dangereux… la fille de la génération Y est juste Blasée…

Mais on en revient toujours au même point : dans les médias, le corps de la femme est instrumentalisé, c’est un objet de jouissance, elle est aguicheuse par nature, elle est toujours d’accord.

Les ripostes comme les parodies suivantes font du bien à voir. Puisque les féministes qui râlent, dénoncent, ne font, la plupart du temps qu’agacer l’opinion publique au même titre que les écolos. Misons sur l’information par le divertissement :

http://www.youtube.com/watch?v=tC1XtnLRLPM&w=425&h=350

 

Puisque nous avons peu de chances de réduire/de faire interdire l’instrumentalisation du corps de la femme, alors répliquons systématiquement avec une version masculine de ces mises en scène grotesques… comme ci-dessous (il faut se connecter à Youtube et confirmer qu’on est en âge de regarder) :

Mais tout ceci ne résout pas le problème du viol,qui ne touche pas (tant mieux dans un sens) que les femmes…

À la lecture de ce tumblr (recueil de témoignages de victimes de viol), excellente initiative, d’utilité publique (car…que fait la police ???), je suis restée coite, bouche bée, sidérée, choquée :

Je connais un violeur

La banalité des situations dans lesquelles des gens se font violer, … en couple, en famille, entre potes… c’est juste EFFARANT.

Là, j’ai commencé à repenser à des conversations que j’ai eu, adolescente, jeune adulte avec des potes, qui avaient vécu ce crime. Pour moi, ils restaient toujours « l’exception », la faute à pas de chance… Ou pire, j’avais de légers doutes sur ce qu’ils disaient. Puis j’en ai parlé récemment à des copines et là certaines m’ont dit : « ça m’est arrivé… ». Et là, de nouveau je suis restée sans voix.

C’est un authentique fléau qu’on pourrait pourtant contrer, très tôt à l’école, par l’information. Par des campagnes de prévention régulières, au moins aussi régulières que les campagnes d’information/prévention contre la violence conjugale (qui elle-même pourrait faire l’objet de plus de bruit, autant que la prévention routière).

Mais lorsqu’une de mes copines, publie une pétition (OK c’est une goutte d’eau mais ce n’est pas en restant les bras croisés que les choses bougent) sur facebook appelant les gens à réclamer une meilleur assistance aux victimes de la part des autorités (https://secure.avaaz.org/fr/petition/Aidez_les_victimes_de_viol_a_porter_plainte/?fbdm), il n’y a que des gros cons ignares pour répondre ???

Et les autres ? Ben ils pensent que ça ne sert à rien… ils ont autre chose à faire… puis les femmes, c’est souvent leur faute quand même, hein…

 http://www.youtube.com/watch?v=8hC0Ng_ajpY&w=425&h=350

 

Le complexe de la bonne ménagère

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Ça vous est sans doute déjà arrivé d’être confronté(e) à une femme (mère, sœur, copine) qui vous reprend sur la façon dont vous faites la cuisine ou les tâches ménagères ? Je trouve ça très crispant, moi ! La femme européenne n’est-elle pas censée s’être émancipée du rôle de boniche que la société lui a toujours confié ? Et lui confie encore ?

Combien de fois j’ai entendu des filles nous reprendre moi ou d’autres sur notre façon de « faire » ceci, cela ? Il y a des remarques utiles, bien sûr. On peut tous vouloir aider quelqu’un à faire mieux. Mais j’ai surtout vu ou entendu, personnellement, un paquet de remarques juste inutiles, rabaissantes, sans intérêt. Je les plains ces femmes ! On les avait pourtant libérées du foyer et d’elles-mêmes, elles reprennent un rôle de maîtresse de maison. Sans en avoir conscience, souvent. Parce qu’elles ont des « normes » en tête. Mais chacun a ses normes, les filles ! Ce n’est pas celui qui critique qui a forcément raison.

Mine de rien, c’est souvent une façon de contrôler le lieu de vie. Non contentes de ne pas arriver à concilier leur rôle de femme, de mère et de travailleuse, il faut en plus qu’elles soient de parfaites femmes de ménage !?! Mais si on ne laisse pas Monsieur faire sa part, comment peut-on équilibrer le foyer ?

Pire, si on se contente de râler sur sa façon de faire, sans lui montrer la sienne, comment peut-on espérer qu’il soit autonome ? En admettant qu’il ne sache vraiment pas faire ou qu’il fasse vraiment mal.

J’ai mis longtemps à réaliser à quel point ces comportements étaient arriérés, me demandant pourquoi elles étaient aussi CHIANTES ! Or, c’est certainement le fruit d’une éducation Rose et Bleu.

La théoricienne du ménage

L’autre type de bonne ménagère perfide, c’est la théoricienne du ménage. Elle parle beaucoup mais c’est elle qui en fait le moins ! Ou alors, elle est très inefficace à faire ce qu’elle dit. Souvent, la bonne ménagère théorise, houspille les autres à propos des tâches ménagères, sauf qu’elle est la première (et peut être la seule) à laver la cuvette des toilettes et les assiettes avec la même éponge. Elle est la première à passer l’aspirateur en oubliant les « coins ».

Bref, bon nombre de bonnes ménagères sont en vérité des grosses dégueulasses !

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La moutarde m’est montée au nez récemment à cause de ma colocataire. Cette maniaque du ménage a beaucoup théorisé ces derniers mois sur la fréquence de nettoyage de la table basse du salon, du frigo, de la poubelle…etc.

Faisant ma part et bien plus encore (et moi quand je passe, la crasse je la fracasse), je l’écoutais d’une oreille distraite. Puis je me suis rendue compte que ses grandes théories avaient pour but de NOUS faire faire le ménage, moi et la troisième colocataire !

La théoricienne du ménage ne semble jamais passer à l’action. Du moins en ma présence. En revanche, elle sait laisser traîner ses crasses, elle la maniaque du ménage ! Je lui ai parlé de faire un planning Ménage histoire qu’elle mette ses théories en pratique. Elle a refusé net !

Bref, que ce soit ce cas-ci ou un autre, la bonne ménagère a de l’avenir devant elle ! Entre les Madame-propre-je-fais-tout-tu-touches-à-rien-tu-sais-pas-faire et les expertes en théorie du ménage, je ne vois qu’un tas de gamines qui n’ont jamais cessé de vouloir jouer à la maîtresse de maison-maman-boniche !

Leur éternelle préoccupation, c’est contrôler le lieu de vie. Toujours prêtes à critiquer les autres femmes, à habiller les garçons en Bleu et les filles en Rose, à servir et chérir ces messieurs comme s’ils étaient en sucre…

C’est du propre dis donc !!!

*Elle et son « la fellation, le ciment du couple », descendu en flammes bienheureusement par d’autres magazines, dont Causette, un bol d’air !

L’avortement

En 2 semaines, voilà que j’ai vu deux reportages traitant des difficultés que rencontrent les femmes qui ont besoin d’avorter à le faire. Certes, on parle ici de celles qui sont à plus de six-huit semaines de grossesse…mais tout de même, quand on sait que le délai légal a été repoussé à quatorze semaines, ces femmes ne devraient pas avoir à s’inquiéter. Or elles sont de plus en plus nombreuses à partir en Espagne ou en Angleterre car le délai des douze semaines va être dépassé.

Douze semaines oui, et non pas quatorze parce qu’une grande partie du personnel médical en France se refuse à pratiquer l’interruption de grossesse au-delà de douze semaines, quand ce n’est pas au nom de leur « close de conscience ». Qu’est-ce que c’est que cette connerie de « close de conscience » ? Nous sommes en 2007, plus en 1970 ! Un médecin doit agir dans l’intérêt de ses patient(e)s ! Pas en fonction de ses convictions religieuses !

Il est dans l’intérêt d’une patiente ne se sentant pas capable d’assumer l’éducation d’un enfant non-désiré (âge, handicap lourd, situation financière ou familiale peu propice, autres raisons) d’interrompre la grossesse. Ça leur évite à tous les deux bien des problèmes !

Entre deux vies, mieux vaut choisir de ne pas gâcher celle de la mère que de faire venir au monde à tout prix un être qui toute sa vie portera le poids de la grossesse forcée de sa génitrice !

Je trouve ça scandaleux que les manifestations anti-avortement soient de plus en plus suivies (d’après les chiffres donnés par la journaliste). Chacun(e) dispose de son corps et en fait ce qu’il en veut. On ne peut imposer à une femme de donner la vie ! Ce n’est plus la respecter en tant qu’être humain !

Ce n’est pas un acte anodin d’avorter…
Ces deux reportages incitent donc à la vigilance, le droit à l’avortement est réellement menacé et les anti-avortement gagnent tous les jours du terrain, ils semblent nombreux, mais ils ne sont rien face à la majorité silencieuse (dont beaucoup de femmes ayant avorté, culpabilisant alors qu’elles ne devraient pas) qui est pour. Il faudra peut-être redescendre dans la rue un de ces jours, tenons-nous sur nos gardes !

N’oubliez pas que si vous dépassez le délai français, vous pouvez vous rendre aux Pays-Bas, en Espagne !