Sexisme et machisme au quotidien

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Le féminisme fait peur, le féminisme dérange. On confond volontiers féminisme avec un groupe d’hystériques chiantes qui la ramènent sur tout et surtout pour rien. Il y a quelques années, je ressentais un léger agacement quand on me parlait de féminisme. Comme si les choses avaient vraiment beaucoup progressé et que les féministes chipotaient sur des broutilles. Pourtant, l »irrespect et la violence verbale ou physique que vivent les femmes dans les transports, au travail ou en couple, c’est loin d’être des broutilles.

On a besoin, terriblement besoin du féminisme et les médias peuvent toujours s’amuser à le caricaturer, à inviter des personnalités caricaturales qui font du mal à la cause, le féminisme est un besoin. Parce qu’il n’a jamais tué personne, tandis que le machisme lui, tue et agresse des femmes tous les jours.
À suivre quelques anecdotes ordinaires…

Dans le bush en Australie

Travail en HelpX dans un camping…

C’est le paradis, il fait beau, les cacaotès à huppe jaune papotent dans les arbres, la dame python diamant, mascotte du camping, se balade ici et là, quand elle ne dort pas sous le toit des sanitaires (ce qui est parfaitement normal) et tout le monde sait qu’elle ne mangera pas les petits-enfants, ..

Le matin, nous les helpxeurs, nous travaillons dans le camping et l’après-midi, nous allons surfer. Les tâches nous sont distribuées par le couple de réceptionnistes. Parfait ! À mon arrivée, je trouve M. le réceptionniste un brin méprisant, un brin cynique façon « Je suis le patron et vous êtes les minables employés » quand il distribue les tâches mais bon…sa copine m’est plus sympathique et on a peu à faire à lui.

Les jours passent, tranquilles, cools ou ennuyeux parfois. Le soir, l’équipe mange, au complet, dans la cuisine d’été, à disposition de tout le camping. Je n’ai pas de complicité particulière avec le réceptionniste. Pourtant, à deux reprises, en l’espace d’une semaine, il se passe deux trucs bizarres. Une première fois en me parlant, il arrive derrière moi et me met les mains sur les épaules. Humm. Ça me met vaguement mal à l’aise mais je ne relève pas. Je croyais que les anglais n’étaient pas réputés pour être tactiles…

Ça arrive une deuxième fois, alors que nous sommes en groupe. Ça me surprend de nouveau. Je regarde discrètement sa copine qui…nous regarde, en tirant la tronche, me semble-t-il. Je parle de la situation à une pote. « Oh, il est tactile, c’est tout », me dit-elle. Mouais. Pourquoi pas mais je n’ai pas l’habitude que des gens que je connais à peine aient ce genre de gestes avec moi. À table, le soir, il vient s’asseoir à plusieurs reprises près de moi. Pur hasard, peut-être.

Je n’y pense plus trop mais lorsqu’on est réunis, en groupe, je m’arrange pour me tenir loin de lui, en me disant que ça réglera le problème si problème il y a réellement.

Deuxième semaine. Je n’y pense plus. On fait un barbecue avec l’équipe. Je ne sais plus pourquoi ni comment mais tout d’un coup, môssieu est près de moi et pose sa main sur ma hanche ! Devant sa copine. C’est moi qui me fait des idées ou elle tire une gueule pas possible ??? D’une part, ce geste me surprend totalement, encore une fois et en plus il me met super mal à l’aise. La tête de 3 pieds de long que fait sa copine (que je trouve très cool) me met mal à l’aise aussi. Je fais semblant de rien et je m’éloigne. J’en reparle à la pote avec laquelle je partage une caravane. En lui disant que je trouve ça gênant et désagréable. Elle trouve cela un peu bizarre elle aussi.

La deuxième semaine s’écoule. Je me dis que de toute façon, je m’en fous, s’il recommence je lui ferais une réflexion vexante devant tout le monde et qui plus est, je me casse à la fin de la semaine. Donc il ne pourra pas recommencer…

Jeudi soir, la nuit tombe, on fait un barbecue avec l’équipe. On rit, on boit, on est détendus. Tout d’un coup deux mains se posent sur mes épaules et commencent un massage plutôt sensuel. Je suis un peu éméchée, je pense que c’est ma pote, donc pour déconner je lance « yeahh Momo, goooo on! » et là, dans la demi-seconde qui suit, je comprends que ce n’est pas ma pote Momo mais lui. 

Putain !!! Mais à quoi joue-t-il ? On serait devenus super potes, à boire et jouer aux cartes, à la pétanque etc. ensemble, je ne dis pas mais là…on a même pas une once de complicité. Donc ses gestes sont déplacés, trop bizarres. Je regarde en direction de sa copine qui nous regarde, pas contente. J’aimerais lui dire « Euh, c’est quoi le souci de ton mec ? Pourquoi tu restes avec ça ? ».

Comme tout cela se produit encore par surprise, je ne sais pas trop comment réagir. Dois-je me dégager brusquement et lui dire de virer ses sales pattes de mes épaules ? Ou au contraire, simuler la détente de façon caricaturale pour le mettre mal à l’aise ? Je me barre dans deux jours, je m’en fous, donc j’en fais exprès :

j’en rajoute « yeahhhh, oh yeahhh, go onnnn, huuuum, yeahhh !! ». Sa copine a l’air furibarde. Il arrête. Je crois que j’ai réussi à le mettre mal à l’aise. Durant les deux jours qui suivent, je ne le vois quasiment pas ce qui facilite grandement les choses. Je me barre du camping. Trop bizarre cet english ! Sûrement pas à son premier coup d’essai.

Tracasseries administratives pour l’Épouse Tartempion

C’est l’histoire d’une dame.

La mairie, au moment des législatives lui envoie un courrier où figure son nom de jeune fille, attaché à celui de son époux avec un trait d’union, suivi d’un Épouse Tartempion. Elle trouve la mention Épouse Tartempion dépassée. Moi aussi je trouve ça dépassé.

Alors elle va se plaindre à la mairie et demande une rectification pour les futurs courriers à venir, à savoir la suppression du Épouse Tartempion. On lui demande alors de faire une demande écrite pour voir disparaître ladite mention. Elle s’énerve, elle incendie l’employé(-e ?) de mairie.

Bon d’accord, il faut bien qu’il y ait une réclamation enregistrée quelque part. Puisque sa demande est peu courante. Puisque les choses évoluent très lentement.

Mais la question est surtout pourquoi autant de femmes acceptent-elles encore de n’être que l’ombre de leur mari, administrativement parlant ? Pourquoi prennent-elles le nom du mari comme nom principal ?

J’ai eu des collègues d’une cinquantaine d’années qui ont vivement regretté d’avoir relégué leur nom original aux oubliettes. En effet, quand elles ont divorcé des dizaines d’années plus tard, l’administration, elle, ne suivait pas. Que ce soit au travail ou à leur banque. Certains fichiers informatiques étaient mis à jour, d’autres pas. Ce qui leur a occasionné des tas de problèmes. Vous imaginez, vous, voir le nom de votre ex constamment associé à votre petite personne ?

Au travail, dans une PME

C’était mon premier emploi après mes études. Je travaillais au milieu d’une majorité d’hommes. J’avais un chef qui appelait sa femme, la spécialiste de l’intendance. Il n’était pas très vieux, il était ennuyeux et il ne me déléguait rien qui soit trop intéressant.

Les collègues masculins en majorité faisaient des blagues graveleuses, pourraves. J’avais envie de les frapper. Je n’osais pas porter de jupe car je voyais bien comment la tenue des filles de l’accueil était régulièrement commentée. Elles supportaient cela depuis des dizaines d’années. Pire encore, de temps à autre, ils leur rappelaient qu’elles étaient vieilles. Des machos et des gros beaufs quoi.

Un jour, j’ai fini par mettre une jupe. Ça n’a pas loupé… À 9h, l’infographiste, un affreux poilu du visage, m’a dit : « Bonnasse ! ». Je lui ai répondu, du tac au tac : « Grognasse ». Et au bout de six mois, j’ai refusé le deuxième CDD qu’on me proposait car merci bien l’atmosphère lourde et pesante ! Ça les emmerdait ! Bien fait ! Retrouver un.e employé.e à mon poste, la/le former. Bye bye les merdeux ! Je suis partie travailler à Dublin et non seulement, j’étais beaucoup mieux payée pour un job alimentaire intéressant mais en plus personne ne traitait les filles comme de la merde !

École primaire

C’est l’histoire d’une institutrice. Une institutrice qui trouvait ça normal qu’un petit garçon ait mis la main aux fesses d’une petite fille parce que cette dernière portait une robe. Elle disait à ses collègues qu’elle aguichait. Heureusement, elle se fit vite contredire par certain.e.s collègues. Parce que ko même, une petite fille qui aguiche, c’est un peu fort de café, non ? Cela aboutit à une longue discussion entre les deux institutrices jusqu’à celle qui voyait la gamine comme une aguicheuse concède que si ça avait été sa fille, elle n’aimerait pas qu’on dise d’elle qu’elle aguichait…parce qu’elle portait une robe. Wouah ! Enfin ! La haine du féminin se combat tous les jours, partout, à tous les niveaux !

Esprit de Service Public 1-Haine du féminin 0

Le féminisme ne s’est pas construit dans la haine des hommes mais pour la défense des femmes.

Laure Adler

Les blagues sexistes incitent à la violence

J’ai connu à mon travail un petit coq arrogant qui faisait des blagues sur les femmes. Un jour, il m’a dit, alors que je rejoignais mes collègues masculins en pause : « Tu veux un peu de GHB ? ». Et un collègue a renchérit: « Elle en prendrait bien du GHB ».

Il me semblait bien que c’était la drogue du viol mais je n’étais pas 100% sûre. Du coup, pour ne pas lui faire le plaisir de m’énerver au petit salaud, je lui ai répondu : « Je vais vous laisser entre mecs. »

Voilà une blague stupide et fréquente dans un milieu quasi-exclusivement masculin. Et tout le problème est que nous n’ayons pas, nous les femmes, tout un arsenal de réponses cinglantes et humiliantes à opposer aux machos. Quelle tristesse que de devoir travailler avec des types qui cherchent en permanence à savoir qui a la plus grosse, à avoir raison, à parler plus fort que les autres, à agresser verbalement.

Il avait au travail un comportement assez insolent, mais tu comprends, c’était un mec, le petit mec nerveux et mignon que tout le monde aime au fond. Il y avait donc toujours quelqu’un pour le défendre.

C’était d’autant plus rageant que je me suis souvent vue rabaissée ou ignorée…parce que j’avais en face de moi des hommes (pas tous, attention), sûrs de leurs bons droits et de leurs connaissances, qui s’imposaient, toujours. Les femmes les mieux considérées dans cet environnement…particulier…étaient, sans surprise, des caricatures. Caricature de poupée barbie maquillée à la truelle, caricature de la grande gueule hystérique qui hurle et menace tout le monde ou caricature de la scientifique coincée, « vieille fille », rigide, que personne n’approche. Peut-être avaient-elles appris à se protéger comme elles pouvaient, qui sait. Pas de place pour des relations normales et respectueuses, en tout cas.

Remède ?

J’ai découvert par la suite le groupe Répondons ! sur Facebook. Il permettait notamment de témoigner de ce genre de situation et de trouver des répliques efficaces à opposer aux machos.

Le ton des modos était souvent un peu agressif, sans parler de la ribambelle de mots ou d’expression interdits d’utilisation. Par exemple une fois, j’ai commenté un post en disant « Il n’a vraiment pas de cerveau celui-là ». Il m’a été demandé de supprimer mon commentaire car je venais apparemment de faire du « capacitisme« . Ri-di-cu-le 🙂 Certains groupes féministes, sur Facebook, devraient repenser leur charte, parce qu’ils ne font pas de bien à la cause en se montrant aussi rigides…

Puis j’ai pris connaissance d’une étude…Les blagues sexistes incitent à la violence.

Le détail de l’étude

L’expérience a eu lieu à l’université de Grenade, Espagne. Des groupes tests d’hommes ont été constitués. On a soumis un groupe à des blagues sexistes. L’autre pas. On leur a ensuite passer des vidéos où des femmes étaient victimes de violences. Sans surprise, ceux qui avaient entendu les blagues sexistes se montraient plus tolérants devant ces scènes de violence…

Banalisation du mal sans doute…

 

Si seulement la France pouvait devenir Joly

 

Rêver fait mal décidément…les verts, un rêve, une utopie. Un peu d’intelligence et d’espoir pour balayer les ravages du sarkozysme…, sa puanteur.

Mais de nouveau, notre pays élira le/la plus charismatique…celui qui saura le mieux ménager la chèvre et le chou et en oubliant ses promesses, quelques mois plus tard.

Je me demande souvent comment les politicien.nes font pour ne pas avoir plus de cancers, d’AVC. Ils sont bien arrivés en politique avec des convictions au départ ?!? Des convictions fortes, une envie de faire bouger les lignes ?!? Et ensuite, ils passent leurs temps à renier leurs convictions profondes !?! S’ils ont encore des convictions… Si ce n’est pas une preuve de psychopathie ça !!!!!

Pauvre France, pauvre Nous…C’est presque une pièce de théâtre tragique… nous sommes voués à l’enfer. 

Ils ont fait passé Ségolène Royal pour plus stupide qu’elle ne l’était et je n’en peux plus d’entendre tous ces gens la critiquer juste pour une question d’image. Dès qu’on leur demande quels sont leurs arguments, ils ne savent que répondre qu’elle était Niaise. Non, elle n’était pas Niaise… elle avait beaucoup d’idées pourries comme tous les politiques mais elle était brillante, fine, intelligente, courageuse. Il est évident qu’elle aurait fait moins de conneries que Sarkozy ! Mais les attaques sont tellement plus virulentes sur les femmes que sur les hommes… éternel machisme.

A part sur Marine Le Pen. Ah…elle, les gens la respectent, la prennent au sérieux ! La jeune blonde était sur tous les plateaux en 2002. Pourquoi ? Juste parce qu’elle a une grande gueule, elle a la verve de son père et son bagout. Elle fait « homme »…

Tssss, c’est désespérant. Les apparences, toujours les apparences.

Ça ne m’étonnerait pas que les médias scellent le destin d’Eva Joly comme ils ont scellé celui de Ségolène Royal. Foutu « charisme » à deux balles !

Pour que le mot Pute devienne unisexe !

Je propose que le mot Pute devienne unisexe. C’est l’insulte la plus violente, la plus salissante, la plus méchante, écrite ou assénée, que je connaisse.

Je propose même qu’on détourne sa signification première. Un.e prostitué.e est un.e travailleur/se du sexe. En revanche, d’authentiques putes, on en voit plein, tous les jours, dans les médias, en politique, au travail…les lèche-bottes, les arrivistes charmants, qui feront tout, useront et utiliseront tout et tous ceux qui sont au travers de leur chemin pour dominer, s’imposer. Les voilà les authentiques putes.

Et rien que pour ça, il faut que l’utilisation de ce terme change :

Un gars : C’est un jeune homme.
Une garce : C’est une pute?!

Un courtisan : C’est un proche du roi.
Une courtisane : C’est une pute?!

Un masseur : C’est un kiné.
Une masseuse : C’est une pute?!

Un coureur : C’est un joggeur.
Une coureuse : C’est une pute?!

Un rouleur : C’est un cycliste.
Une roulure : C’est une pute?!

Un professionnel : C’est un sportif de haut niveau.
Une professionnelle : C’est une pute?!

Un homme sans moralité : C’est un politicien.
Une femme sans moralité : C’est une pute?!

Un entraîneur : C’est un homme qui entraîne une équipe sportive.
Une entraîneuse : C’est une pute?!

Un homme qui couche: C’est un Don Juan.
Une femme qui couche: C’est une pute?!

Un homme à femmes : C’est un séducteur.
Une femme à hommes : C’est une pute?!

Un homme public : C’est un homme connu.
Une femme publique : C’est une pute?!

Un homme facile : C’est un homme agréable à vivre.
Une femme facile : C’est une pute?!

Un homme qui fait le trottoir : C’est un carreleur.
Une femme qui fait le trottoir : C’est une pute?!